La Commission interaméricaine des droits humains a rappelé au gouvernement vénézuélien son obligation de protéger María Corina Machado après son retour dans le pays.

Publié le 27.10.2026

La Comisión Interamericana de Derechos Humanos (CIDH) a rappelé au gouvernement vénézuélien son obligation de garantir la sécurité, l'intégrité personnelle et les droits politiques de la dirigeante d'opposition María Corina Machado, qui est revenue dimanche au Venezuela après avoir passé plusieurs mois à l'étranger. L'organisme a également insisté sur le fait que le respect des droits de l'homme, le pluralisme politique et les libertés fondamentales sont des conditions essentielles pour renforcer la démocratie, et a exprimé sa volonté d'effectuer une visite dans le pays, comme l'a demandé l'État vénézuélien lui-même.

Dans un communiqué, la CIDH a indiqué qu'elle continuait à suivre la situation de Machado et a rappelé les responsabilités des autorités vénézuéliennes concernant la protection de la dirigeante. « La CIDH continue de suivre sa situation et rappelle à l'État son obligation d'adopter les mesures nécessaires pour garantir ses droits à la vie et à l'intégrité personnelle, ainsi que l'exercice plein de ses droits politiques, à l'abri de toute menace, harcèlement ou acte de violence », a déclaré l'organisation.

Cette prise de position est intervenue après le retour de Machado, qui était restée hors du Venezuela depuis son départ vers Oslo, en décembre 2025, pour recevoir le prix Nobel de la paix. La récompense a finalement été remise à sa fille, Ana Corina Sosa.

La CIDH a également réitéré sa position sur les conditions nécessaires au renforcement des institutions démocratiques au Venezuela. « Le respect des droits de l'homme, le pluralisme politique et les libertés fondamentales sont des conditions essentielles pour le renforcement de la démocratie dans le pays », a soutenu l'organisme, qui a insisté sur la nécessité de préserver l'exercice des droits politiques de la dirigeante d'opposition.

Dans le même communiqué, la commission a manifesté sa disponibilité à visiter le Venezuela, conformément à la demande présentée par l'État lui-même. La déclaration incluait ainsi à la fois le suivi de la situation particulière de Machado et la possibilité d'une visite de l'organisme international dans le pays.

Après son arrivée, la dirigeante d'opposition a publié un message sur les réseaux sociaux pour annoncer son retour. « Je suis là. Avec vous », a-t-elle écrit. Son parti, Vente Venezuela, a convoqué une « caravane nationale » pour célébrer son retour, qui a rassemblé des milliers de personnes dans les rues.

Machado est apparue dimanche à Barquisimeto, capitale de l'État de Lara, et a mené une caravane de véhicules lors d'un trajet d'environ 400 kilomètres jusqu'à Caracas. Durant le parcours, ses partisans ont scandé des slogans de liberté et ont réclamé la tenue d'élections présidentielles l'année prochaine.

De son côté, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a interrogé lundi le retour de Machado et a affirmé que la dirigeante aurait pu éviter le « spectacle ». « On aurait pu éviter le spectacle, les aéroports sont là, il y a des structures transitoires (de) qui, comme je l’ai dit, font l’objet de très bons commentaires de la part de la population, alors éloignons-nous du spectacle », a-t-elle déclaré devant les médias à la conclusion d’une cérémonie à l’hôpital militaire Dr. Carlos Arvelo, dans des propos diffusés par la chaîne d’État VTV.

Rodríguez a également évoqué la possibilité que la justice vénézuélienne agisse contre Machado. Interrogée sur ce sujet, elle a indiqué espérer que la dirigeante fasse preuve « de repentir, de rectification et qu’elle puisse apporter quelque chose au pays ».

La mandataire par intérim a ajouté : « La justice est un sujet sur lequel on travaille, afin que la justice au Venezuela soit indépendante, transparente, mais surtout qu’il n’y ait pas de criminalisation de la pauvreté ». Ses déclarations sont intervenues dans le cadre d’une réforme judiciaire proposée quelques mois plus tôt.

La présidente a également été interrogée sur une éventuelle participation de Machado aux négociations que le gouvernement mène avec un secteur de l’opposition, dirigé par l’ancienne députée Dinorah Figuera. Rodríguez a qualifié cette possibilité d’affaire nécessitant de l’expérience et a affirmé : « Le Venezuela a besoin de beaucoup de connaissances pour surmonter les problèmes ».

Machado n’a pas été invitée à ces conversations, bien qu’elle ait déclaré ne pas chercher à les entraver. La porte-parole de la dirigeante, Claudia Macero, a déclaré lundi que l’opposante est disposée à se réunir avec Rodríguez « avec une totale transparence et une agenda ».

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