Le Tribunal Suprême de Justice du Venezuela a demandé l'application de mesures préventives privatives de liberté contre des hauts fonctionnaires du gouvernement argentin. Dans un communiqué, la Chambre de Casation Pénale a informé que l'enquête implique le président Javier Milei, la secrétaire générale Karina Elizabeth Milei et la ministre de la Sécurité, Patricia Bullrich.
La demande, faite par le Ministère Public vénézuélien, inclut des accusations telles que vol aggravé, blanchiment de capitaux, privation illégitime de liberté, et interférence illicite dans la sécurité opérationnelle de l'aviation civile, entre autres. Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a été celui qui a annoncé la semaine dernière le début des procédures.
L'avion à l'origine du conflit, de la compagnie aérienne vénézuélienne Emtrasur Cargo, a été immobilisé en Argentine en juin 2022 avec 19 membres d'équipage vénézuéliens et iraniens qui ont été arrêtés au départ pour des liens présumés avec le terrorisme. Le Département de la Justice des États-Unis a réclamé l'aéronef en raison de soupçons selon lesquels il était utilisé pour des opérations clandestines dans la région.
Le gouvernement argentin s'est dissocié du bras de fer autour de l'avion d'Emtrasur, dans la mesure où cela a été résolu par le pouvoir judiciaire "indépendant" du gouvernement. Buenos Aires a également rappelé à Caracas qu'au pays "la séparation des pouvoirs et l'indépendance des juges prévalent", à la différence de ce qui se passe "malheureusement" au Venezuela.
Le Ministère Public vénézuélien a annoncé la nomination de deux procureurs spécialisés dans ce domaine, "qui mènent les diligences pertinentes au cas".
Ce processus judiciaire repose sur une demande présentée le 18 septembre 2024, dans laquelle l'intervention de la justice vénézuélienne est exigée pour enquêter sur des délits présumés commis par les fonctionnaires mentionnés. Selon le communiqué, les accusations incluent également l'interférence illicite dans la sécurité aérienne et l'inutilisation d'aéronefs, ce qui ajoute une couche de gravité à la situation politique et diplomatique entre les deux pays.
Saab a également informé de la désignation d'un "procureur spécialisé dans la protection des droits de l'homme pour mener les enquêtes correspondantes" contre Milei et Bullrich pour "les actions commises contre le peuple argentin".
En annonçant les enquêtes sur Milei, Saab a déclaré mercredi dernier que le président argentin "est devenu un danger brutal pour tout l'hémisphère" et a ouvert la porte à d'autres enquêtes pour crimes contre l'humanité présumés, après avoir condamné les "attaques" contre les personnes âgées et les jeunes lors des manifestations contre le gouvernement.
Vendredi, le gouvernement argentin a déclaré qu'il ne se souciait de "rien" des "âneries" que disait l'exécutif "dictatorial" du Venezuela sur Milei.
”C'est tout une absurdité. Une dictature n'a pas à comprendre la séparation des pouvoirs, mais la décision concernant l'avion est une décision judiciaire d'Argentine et non du président du pays”, a souligné le porte-parole présidentiel, Manuel Adorni, lors d'une conférence de presse.
Ce mois-ci, le ministère des Affaires étrangères argentin a appelé la Cour Pénale Internationale (CPI) à demander un mandat d'arrêt contre le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et "d'autres chefs du régime", en raison "de l'aggravation de la situation" après les élections présidentielles dans le pays caribéen le 28 juillet.
(avec des informations d'EP et EFE)