María Corina Machado a dénoncé que le régime de Maduro jugera sept mineurs pour avoir protesté contre la fraude électorale.

Publié le 04.10.2024

“Quelle malveillance peut-il y avoir dans une personne et dans un régime pour torturer des enfants et des jeunes ? (...) Ces sept jeunes sont nos enfants, notre raison de lutter. Ce qu'ils leur ont fait, dans le but de terroriser tous les jeunes et leurs parents, est la plus grande raison que nous avons en tant que société pour intensifier notre lutte. Il faut le dénoncer, et fortement. Personne ne peut penser que le Venezuela sera le même après cela. Personne ne peut se taire”, a déclaré Machado, appelant “tous les jeunes, mères, journalistes, prêtres, entrepreneurs, policiers et militaires” à “faire face à cet horreur et l'éradiquer” une fois pour toutes.

Le Venezuela est “aujourd'hui uni par sept vies et sept familles qui représentent la douleur infinie d'un peuple (...) Mon cœur est avec leurs mères. Je les embrasse de toute mon âme. Nous guérirons leurs blessures, physiques et spirituelles, car nous allons tous les libérer. Ensuite, ils continueront à grandir dans un pays qui respectera leur dignité humaine et leur courage admirable en ces heures”, a-t-elle ajoué par la suite.

La veille, ces sept jeunes -qui sont privés de liberté depuis des semaines- ont participé à une audience préliminaire où, comme prévu, la justice chaviste a décidé de poursuivre le cas contre eux, les menant à un procès “sans aucun bénéfice procédural”, a informé l'ONG Justicia, Encuentro y Perdón, qui accompagne six d'entre eux.

L'organisation a souligné que malgré le fait qu'ils se soient “déclarés innocents, ils ont été accusés de terrorisme et d'incitation à la haine” et elle a ajouté que “ils étaient contraints d'admettre les faits”. “Tous ces jeunes ont courageusement refusé, malgré toute la terrible situation qu'ils ont vécue, d'admettre les faits, raison pour laquelle hier (mercredi), lors de l'audience préliminaire, il a été ordonné de les transmettre au procès”, ont-ils dénoncé.

Toutes ces actions entraînent non seulement la “privation de leur liberté”, à laquelle ils sont soumis depuis deux mois, mais également la négation de “retourner auprès de leurs familles et de continuer leurs études et activités sportives”, ont soutenu des membres de l'ONG et ont donc exigé “des autorités du système judiciaire de reconsidérer ces cas, en faisant valoir les garanties du due process et le respect de leurs droits humains”.

“Il est absolument condamnable que des jeunes qui n'ont commis aucun délit soient criminalisés, causant de graves préjudices à leur présent et à leur futur”, ont conclu.

Le régime du Venezuela a intensifié sa répression contre la dissidence depuis le 28 juillet dernier, en enlevant quiconque montre une opposition à sa gestion. Des estimations indépendantes de plusieurs ONG ont chiffré à plus de 2.000 les arrestations arbitraires depuis lors -beaucoup de ces cas ayant déjà une sentence ferme ou étant en cours- dont, selon l'alerte de la Mission Internationale Indépendante de Détermination des Faits sur le Venezuela de l'ONU, au moins 158 sont des enfants.

“Au cours de la période allant du 1er septembre 2023 jusqu'en août de cette année, il y a eu une aggravation de la situation des droits humains au Venezuela. La machine répressive de l'État continue de provoquer des violations des droits humains et le risque d'une désintégration de l'État de droit au Venezuela est très élevé”, a soutenu Marta Valiñas, présidente de la Mission, lors de la présentation de ce dernier bilan.

(Avec des informations d'EFE)

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