Le coordinateur du Conseil Politique International de l'équipe de María Corina Machado, Antonio Ledezma, a déclaré ce vendredi à l'agence de presse EFE que le soutien international croissant à la prétendue victoire de l'opposition lors des élections au Venezuela ouvre la voie à la proclamation d'Edmundo Gonzalez Urrutia comme président et crée les conditions pour que "une transition pacifique avec garanties soit vérifiée".
Ledezma, qui est exilé à Madrid, a également demandé que "la répression brutale déclenchée par le régime de Maduro au cours de ces derniers jours" soit arrêtée "dès que possible".
Tout cela "ne laisse aucun doute sur le fait que la conviction qui prévaut dans le monde est que les procès-verbaux vérifiables attribuent la victoire, avec un immense avantage, au candidat soutenu par María Corina Machado (González Urrutia) qui a été massivement voté par des millions de Vénézuéliens", a-t-il souligné.
Ledezma a fait ces déclarations quelques heures après que le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, ait publié un communiqué affirmant que Washington conclut, sur la base de "preuves écrasantes", que le candidat de l'opposition González a été le gagnant des élections présidentielles au Venezuela et demande l'ouverture d'une transition pacifique.
Les autorités électorales vénézuéliennes ont annoncé dimanche dernier qu'avec 80% des voix dépouillées, Maduro avait obtenu 51,2% des votes, mais n'ont jusqu'à présent pas divulgué les procès-verbaux électoraux bureau par bureau comme l'a demandé la communauté internationale.
Cependant, l'opposition majoritaire, regroupée dans la Plateforme Unitaire Démocratique (PUD), qui affirme disposer de plus de 80% des procès-verbaux grâce au travail de témoins et de membres de table, assure que son candidat, González Urrutia, a gagné avec un large avantage.
Avant le communiqué de Blinken reconnaissant la victoire de l'opposition, auquel Maduro a répondu en demandant aux États-Unis de "ne pas mettre leur nez" au Venezuela, le chef de l'État vénézuélien s'était montré disposé à reprendre le dialogue direct avec Washington sur la base des discussions tenues au Qatar début juillet (les États-Unis et le Venezuela n'ont pas de relations diplomatiques depuis 2019).
Dans ses déclarations à EFE, Ledezma a souligné que les États-Unis ont clairement indiqué que le dialogue de Qatar, "auquel s'accroche malicieusement" Maduro, est un "chapitre du passé qui ne laisse aucune place à des tactiques pour déformer la réalité actuelle ni à des manigances simulatrices de négociations sans bonnes intentions".
"En conséquence, la phase qui s'engage est celle de procéder à la proclamation d'Edmundo Gonzalez Urrutia, tout en créant les conditions pour qu'une transition pacifique avec garanties pour les acteurs politiques appelés à faciliter cette procédure soit vérifiée", a-t-il souligné.
S'agissant du fait que María Corina Machado, qui n'a pas pu être candidate à la présidence en raison d'une inéligibilité pour occuper des fonctions publiques, ait annoncé qu'elle est "dans la clandestinité", Ledezma a indiqué qu'elle le fait pour se protéger d'un "style de répression jamais vécu auparavant au Venezuela".
Le dirigeant de l'opposition a dénoncé que dans la répression agissent "des corps policiers créés et formés pour accomplir de telles viles tâches", mais aussi "des mercenaires venus de Russie (Groupe Warner), des Avispas Negras de Cuba et des Nicaraguayens aux ordres du dictateur Daniel Ortega".
Pourtant, a assuré Ledezma, "la population continuera à se manifester pacifiquement, comme l'a annoncé hier María Corina Machado, et ce samedi des rassemblements auront lieu dans toutes les villes et villages du Venezuela. Nous le ferons également dans la plupart des pays du monde où se trouvent des Vénézuéliens de la diaspora."
(Avec des informations de EFE)