Un groupe de 30 organisations réunies au sein de l'Alliance pour la Démocratie a appelé les autorités nationales à prendre en compte les alertes institutionnelles concernant d'éventuelles atteintes au processus électoral, dans un contexte marqué par des rapports avertissant de risques de sécurité, de fraude et de pressions exercées par des acteurs armés dans diverses régions du pays.
Les entités ont souligné que les rapports émis par plusieurs autorités électorales et de droits de l'homme s'accordent à avertir que l'année 2025 a été marquée par une situation critique de maintien de l'ordre public et l'expansion de groupes armés illégaux, ce qui pourrait empêcher le déroulement pacifique et juste des élections législatives et présidentielles.
« Les 30 organisations signataires, réunies au sein de l'Alliance pour la Démocratie, lancent un appel au gouvernement colombien pour qu'il prenne au sérieux et rapidement les alertes émises concernant le risque de violence politique lors des prochaines élections législatives et présidentielles », indique le communiqué conjoint.
Alertes sur la sécurité, la violence et la fraude électorale
Selon une analyse citée par les organisations, réalisée conjointement par les autorités électorales et les organismes de sécurité, dans plus de cent municipalités, la présence de groupes armés illégaux menace gravement le développement des élections.
Le rapport le plus récent de la MOE avertit que 339 municipalités du pays présentent des risques de violence qui pourraient affecter le processus électoral, ce qui équivaut à près d'un tiers du total national. De plus, dans 171 de ces territoires, un risque simultané de violence et de fraude est enregistré, tandis que 81 municipalités se trouvent à un niveau extrême.
Pour sa part, le rapport mondial 2025 de Human Rights Watch a signalé que la Colombie a connu l'une des crises humanitaires les plus graves de la dernière décennie, associée à des abus de la part de groupes armés, des limitations d'accès à la justice et des niveaux de pauvreté élevés, des facteurs qui, selon l'organisation, menacent gravement le déroulement des prochaines élections.
La Défense du Peuple a également alerté sur l'impact de la violence sur le discours public et la circulation de fausses nouvelles pendant la période électorale, éléments qui, selon les organisations signataires, augmentent les risques pour la démocratie dans les mois précédant les élections.
Faits de violence et pression armée lors des campagnes
Le communiqué note que l'atomisation des groupes armés illégaux et le manque de réponse de l'État face à leur expansion ont créé un scénario dans lequel la violence politique influence déjà le développement des campagnes.
Parmi les faits mentionnés se trouve l'assassinat du pré-candidat Miguel Uribe Turbay, survenu l'année précédente, mentionné dans le document comme un épisode marquant le contexte électoral actuel.
À ce cas s'ajoutent la destruction de panneaux publicitaires de la campagne de Juan Carlos Pinzón dans la région du Catatumbo, après que, selon des médias régionaux, le groupe armé ELN a annoncé l'interdiction de la publicité électorale dans cette zone ; l'attaque contre la caravane du sénateur Jairo Castellanos en Arauca ; l'enlèvement de la sénatrice Aída Quilcué ; la situation d'ordre public dans le Catatumbo sous les actions de ce même groupe ; et une récente vague d'attaques, de menaces et de décrets de couvre-feu attribués à des organisations armées dans différentes régions.
Les organisations affirment que ces faits montrent que la violence politique influence déjà le cours des campagnes et les conditions de participation démocratique.
Appel à une réponse étatique immédiate
Face à ce panorama, les entités signataires estiment que le gouvernement national doit agir de manière immédiate et systématique pour protéger le processus électoral et garantir des conditions de sécurité.
« Il est inacceptable que la violence politique détermine, comme cela a déjà été le cas en partie, le cours de la démocratie colombienne cette année, et que l'expansion du contrôle territorial par les groupes armés mette en péril la possibilité même pour les Colombiens d'exercer leurs droits démocratiques les plus fondamentaux », indique le communiqué.
Les organisations soutiennent que c'est au gouvernement de corriger cette situation et de s'assurer que les élections se déroulent sans la menace de la violence et de l'illégalité, avec des garanties de transparence, de liberté et de sécurité pour les électeurs, les candidats et les autorités électorales.
Le prononcé a été signé par des entités telles que Transparence pour la Colombie, la Fondation Forum National pour la Colombie, AFE – Association des Fondations Familiales et Entreprises, la FLIP – Fondation pour la Liberté de la Presse, Congrès Visible, Fondation Corona, Caribe Afirmativo, CGT, Loto de Pachamama, FIP, la Chambre de Commerce de Bogotá, Movilizatorio, l'Institut Anticorruption, ORÍGEN, Incidir para Existir et Intégrés, entre autres.