Caracas, 9 oct (EFE).- L'opposant vénézuélien Juan Pablo Guanipa a remercié ce mercredi la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) pour lui avoir accordé des mesures de protection, après avoir considéré que ses droits à la vie et à l'intégrité personnelle sont confrontés à un risque de dommage irréparable au Venezuela.
"Je remercie la Commission interaméricaine des droits de l'homme pour avoir accordé des mesures de protection en raison de la persécution dont moi et ma famille avons été victimes, qui s'est intensifiée ces derniers mois", a indiqué l'ancien député sur le réseau social X.
Guanipa, âgé de 59 ans, a signalé plusieurs tentatives d'arrestation à son encontre lors des manifestations auxquelles il a participé, après les élections présidentielles du 28 juillet, où Nicolás Maduro a été proclamé vainqueur, ce que l'antichavisme considère comme frauduleux.
Selon la partie requérante, Guanipa "a été l'objet d'intimidations, de harcèlements et d'agressions, au moins depuis 2016", et en août dernier, il aurait été poursuivi au moins deux fois par des agents du Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional (Sebin), après s'être manifesté en faveur d'Edmundo González Urrutia, qui est exilé en Espagne.
Dans une déclaration, la CIDH a demandé à l'État vénézuélien de prendre les mesures nécessaires pour protéger la vie et l'intégrité personnelle de Guanipa, ancien vice-président de l'Assemblée nationale (AN, Parlement).
L'organisme autonome de l'Organisation des États américains (OEA) a spécifiquement demandé à l'État vénézuélien de s'assurer que ses agents "respectent les droits et l'intégrité personnelle" de l'opposant conformément aux normes établies par le droit international des droits de l'homme, ainsi qu'en ce qui concerne les actes de risque attribuables à des tiers.
Guanipa fait partie des membres de l'opposition vénézuélienne, comme la dirigeante María Corina Machado, qui ont dû abandonner les manifestations dans la rue contre le régime par crainte de subir des représailles et même quitter leur domicile, dans son cas, dans l'État de Zulia (nord-ouest, frontalier avec la Colombie), selon ce qu'il a déclaré à EFE lors d'une interview récente.
Actuellement, au moins 154 politiciens de l'opposition et activistes sociaux sont détenus au Venezuela, dont une bonne partie sont des collaborateurs de González Urrutia et Machado, selon le Comité des droits de l'homme de la formation Vente Venezuela (VV), dirigée par l'ancienne députée. EFE