Une juge fédérale des États-Unis a fixé le 8 septembre le début du procès contre Alex Saab, ancien ministre vénézuélien et homme d'affaires colombien, accusé de blanchiment d'argent, de conspiration pour réaliser des transactions financières illicites et de dissimulation de l'origine des fonds. La décision, prise par la juge Lauren F. Louis dans un tribunal fédéral de Miami, ouvre une nouvelle phase judiciaire contre l'un des alliés économiques les plus remarqués de l'ancien président vénézuélien.
Saab, âgé de 54 ans et né en Colombie, est décrit par les autorités américaines comme un présumé intermédiaire de Maduro, une accusation qu'il a rejetée par l'intermédiaire de ses avocats. La juge Louis a établi que le procès se déroulera par le biais d'un jury d'une durée de deux semaines et a précisé dans son ordonnance que, si cela ne peut pas se tenir à la date prévue, il sera reprogrammé. Avant le début, les deux parties devront comparaître le 1er septembre lors d'une audience virtuelle pour faire avancer les préparatifs.
Le calendrier répond à la demande présentée par la défense de Saab le 24 juillet, lorsque ses avocats ont formalisé devant la juge Louis une déclaration de non-culpabilité et ont expressément demandé que l'affaire soit résolue par un jury populaire. Lors de cette audience, brève et sans la présence physique de l'accusé, une éventuelle demande de liberté sous caution n'a pas non plus été abordée.
Ce n'est pas la première fois que Saab fait face à ce type d'accusations sur le sol américain. En 2020, il a été arrêté au Cap-Vert et ensuite extradé vers les États-Unis, où il est resté sous garde jusqu'en 2023. Cette année-là, le gouvernement de Joe Biden l'a libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers avec Caracas, un échange qui avait à l'époque suscité de vives critiques parmi les secteurs de l'opposition vénézuélienne et de la politique étrangère américaine. Après sa libération, Saab est retourné au Venezuela, où il a été nommé ministre des Industries et de la Production Nationale, poste qu'il a occupé sous le gouvernement de Maduro.

Son nouveau passage devant la justice américaine s'explique par la opération militaire que les États-Unis ont menée le 3 janvier à Caracas, baptisée Résolution Absolue, au cours de laquelle des forces spéciales ont capturé Maduro dans la capitale vénézuélienne après des semaines de pression militaire et économique sur son gouvernement. L'opération, ordonnée par le président Donald Trump, a inclus des bombardements sur des installations militaires et de défense aérienne vénézuéliennes et a abouti au transfert de Maduro à New York, où il est détenu en attente de procès pour trafic de drogue et narcoterrorisme. Saab a été déporté aux États-Unis peu après, dans le cadre de cette même offensive contre la direction chaviste, et a comparu pour la première fois devant un tribunal américain le 18 mai, deux jours après son arrivée dans le pays.
Le procès contre Saab avance ainsi en parallèle à celui que dirige Maduro lui-même, dont le procès avec son épouse, Cilia Flores, est prévu pour juin 2027 devant une cour fédérale de New York. Les deux affaires font partie d'une offensive judiciaire plus large de Washington contre le réseau de pouvoir construit autour du chavisme, qui combine des accusations de trafic de drogue contre la direction politique avec des accusations de blanchiment d'argent contre ses principaux opérateurs financiers.
La figure de Saab a été durant des années l'objet d'enquêtes dans plusieurs pays pour des réseaux de corruption présumés liés à des contrats avec le régime vénézuélien, en particulier dans des programmes sociaux tels que les CLAP, le système de distribution de nourriture subventionnée. Le dénouement du procès de septembre pourrait apporter pour la première fois devant un tribunal américain des preuves documentaires sur le fonctionnement de ces réseaux, à un moment où Washington tente de consolider l'ossature légale qui soutient son offensive contre le chavisme après la chute de Maduro.