La leader de l'opposition vénézuélienne, María Corina Machado, a exigé ce dimanche le renouvellement "dans les plus brefs délais" du Conseil National Electoral (CNE) comme étape indispensable pour avancer vers des élections au Venezuela, et a demandé que l'organisme respecte les critères établis dans la Constitution.
Lors d'une intervention à Washington, elle a soutenu que le schéma actuel ne garantit ni confiance ni conditions pour un processus électoral légitime.
Machado a souligné que toute convocation à des élections doit être précédée d'une restructuration profonde de l'entité électorale.
“Bien sûr, en partant d'un nouveau Conseil National Electoral, qui respecte ce que dit clairement la Constitution vénézuélienne”, a-t-elle affirmé. À cet égard, elle a souligné que ceux qui intègrent l'organisme ne doivent avoir aucun lien avec des partis politiques et doivent avoir des "conditions d'honorabilité" qui génèrent de la crédibilité auprès de la population.
Le Prix Nobel de la paix a également insisté sur la nécessité de réviser le registre électoral. Elle a expliqué qu'il est fondamental de permettre à des millions de Vénézuéliens, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, de pouvoir s'inscrire ou de mettre à jour leurs données.
Un autre des axes qu'elle a mentionnés était la présence de observateurs internationaux spécialisés. Machado a considéré qu'il doit exister “un processus d'observation continue par des institutions spécialisées dans les matières électorales internationales”, afin de garantir la transparence à toutes les étapes du processus.
Outre les aspects techniques liés à une éventuelle élection, la dirigeante de l'opposition a souligné que des conditions politiques préalables doivent être remplies. Parmi elles, elle a mentionné le démantèlement de ce qu'elle a défini comme une structure répressive.
“C'est fondamental”, a-t-elle indiqué, tout en reliant ce point à la nécessité de fournir des garanties pour la participation politique.
Dans cette lignée, elle a insisté sur la libération des personnes détenues pour des motifs politiques. “Il y a encore plus de 500 prisonniers politiques civils et militaires qui sont derrière les barreaux en ce moment”, a-t-elle affirmé. L'opposante a soutenu que cette situation doit être résolue avant d'avancer dans tout processus électoral, ainsi que la fermeture des centres de détention remis en question et le respect de la liberté d'expression.
Machado a également été interrogée sur un éventuel retour au Venezuela. Sans donner de précisions, elle a répondu : “Je rentrerai au Venezuela très bientôt”, sans indiquer de date précise ni de détails sur les conditions dans lesquelles ce retour pourrait avoir lieu.
Parallèlement, la dirigeante a appelé à une série de manifestations internationales pour donner de la visibilité à la situation des détenus et des secteurs qu'elle considère persécutés dans le pays. Les mobilisations ont eu lieu dans plus de 120 villes à travers le monde, avec la participation de communautés vénézuéliennes à l'étranger.
Durant l'appel, Machado a exhorté à amplifier la demande à l'échelle mondiale. “Eux et leurs familles ont besoin de notre voix, ont besoin de notre force”, a-t-elle exprimé, tout en demandant que la situation soit entendue en dehors du Venezuela. Selon elle, l'objectif est de générer une pression internationale en faveur de changements politiques et de garanties institutionnelles.
Le message de l'opposante survient dans un contexte où le débat électoral ne constitue pas le centre de l'agenda interne. Le régime vénézuélien a privilégié d'autres sujets, tandis que les secteurs de l'opposition insistent sur la nécessité d'établir des conditions minimales avant toute convocation aux urnes.
Les déclarations de Machado remettent le focus sur le rôle du CNE et sur les conditions nécessaires pour un éventuel processus électoral, dans un paysage politique toujours marqué par des tensions et des demandes de réformes structurelles.
(Avec des informations d'Europa Press)