À l’issue de la troisième phase des pourparlers, Juan Miguel Matheus, membre de la délégation de l’opposition participant au processus de négociation avec le chavisme, souligne qu’ils ont réussi à ouvrir une voie « pour réexaminer les inéligibilités et étudier les garanties de la participation citoyenne ».
La table de dialogue parrainée par les États-Unis a clôturé sa troisième phase ce mercredi 21 octobre. Parmi les accords signés par les parties figure le réexamen de la Loi organique de l’Intendance générale de la République, « spécifiquement ce qui concerne le processus d’inéligibilités ».
Bien que divers dirigeants politiques aient été victimes de ce veto, cette discussion a en réalité un nom et un prénom : María Corina Machado, à qui le régime chaviste interdit de concourir à tout type d’élection.
Dès l’époque du défunt Hugo Chávez, l’officielisme a utilisé l’Intendance générale de la République pour écarter ses adversaires de la voie électorale.
Cet organisme a déclaré Machado inéligible à deux reprises : la première fois en 2015 pour douze mois, ce qui l’a empêchée de se présenter aux élections parlementaires de cette année-là. Et en juin 2023, la même mesure lui a été appliquée, mais pour 15 ans. Pour cette raison, elle n’a pas pu se mesurer aux présidentielles de juillet 2024, malgré sa victoire aux primaires de l’opposition d’octobre 2023.
Ainsi qu’ils ont convenu d’analyser cet instrument, ils se sont également engagés à évaluer la Loi sur les partis politiques, afin de « garantir la participation de tous les acteurs politiques ».
Les principales organisations politiques de l’opposition ont été intervenues par la Cour suprême de justice, qui a imposé des directives en ignorant leurs dirigeants légitimes et leur a confisqué leurs symboles.
« Nous avons convenu de travailler à la réforme de la Loi sur les partis politiques pour garantir leur autonomie et leur démocratie interne, et protéger leurs autorités et leurs symboles. Nous voulons que toutes les forces puissent concourir sans exclusions arbitraires », déclare le docteur en droit constitutionnel.
Avancées
Le membre de la délégation de l’opposition considère que « le Venezuela avance dans la transformation de ses institutions » ; toutefois, il souligne que « récupérer la démocratie » va au-delà de fixer une date pour les élections présidentielles, principale exigence de Machado et de la majorité de la dissidence.
« Nous devons récupérer les institutions et les droits pour que le Venezuela puisse à nouveau choisir librement et que son vote soit respecté. C’est la justice du vote que nous recherchons », insiste le député de l’Assemblée nationale de l’année 2015.
Matheus souligne la désignation du Comité de Postulations Judiciaires, qui impulsera le mécanisme qui aboutira au renouvellement de la Cour suprême de justice.
«Cette avancée est le résultat des accords atteints lors de la table de négociations promue par le secrétaire d'État, Marco Rubio. Ce qui il y a peu semblait impossible commence à se concrétiser. Les négociations ouvrent des voies pour transformer les institutions », affirme le dirigeant du parti Primero Justicia.
Le délégué de l'opposition rappelle que « pendant des années, le système judiciaire a été utilisé comme instrument de persécution politique et de domination ». Il souligne que « nous travaillons aujourd'hui à démanteler cette structure et à construire un pouvoir judiciaire indépendant, professionnel et au service de la Constitution et de tous les Vénézuéliens ».